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Dimanche (trempée dans le café), tôt le matin.

Il est encore tôt. Dehors le soleil, déjà si chaud, réveille les toits. La lune rose dort. Les volets, lourds, encore fermés sur tant de solitudes nocturnes, ont du mal à ouvrir l'oeil. Deux-trois cheminées, lointaines, proches, baillent et toussent, premières cigarettes du matin. Le soleil monte, toujours plus chaud. Les toits s'étirent et le givre, amant éconduit, se rhabille et s'enfuit. Une radio grésille, du pain grille, effluves endormies roulant sous ma porte. Ton corps est encore mou et pesant, ta peau, si secrète, tatouée de ci-de là de traits ébouriffés, empreintes digitales de draps trop intimes; les cheveux défaits, et ton cou enneigé, si nonchalant, si émouvant. Si j'étais magicien, maintenant, je me changerais en peignoir, mes bras sur tes bras, mon ventre contre le tien, et nous nous envelopperions d'une douce torpeur, chaleur complice, familière, accueillante. Ensemble, nous regarderions par la fenêtre le jour se lever par dessus les toits, les volets lourds s'ouvrir un à un, nous ririons du givre si penaud, si déconfit... et d'un geste lent et abandonné tu me tremperais dans ton café !

... me réveiller ainsi, aveuglé, rassuré, gourmand d'une journée qui serait enfin la nôtre...
               le coeur qui dé
      
                                  b
                                            o
                                               r
                                                d
                                                 e

 

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